Aujourd’hui, c’est le Dr Johanna Levy, qui répond aux questions du Dr Sandrine Segovia-Kueny.
Le Dr Levy est médecin généraliste. C'est au cours de ces études à Paris, qu'elle s'est intéressée à la santé-environnement. Le lien entre pollution atmosphérique et santé lui est alors apparu évident. Etant confronté au fossé entre les preuves scientifiques de l’impact sanitaire des pollutions et la méconnaissance par le monde médical de ces problématiques, elle a décidé de consacrer sa thèse à cette thématique. Depuis, elle travaille pour la formation médicale initiale et continue en santé-environnement tout en poursuivant une activité orientée dans ce sens.

Dr Sandrine Segovia-Kueny : Quel est votre avis sur le changement climatique ?
Dr Johanna Levy : Nous n’avons tous simplement pas fait attention à cette nature qui nous entoure et nous nourrie, nous avons agit égoïstement. Pour moi rien n’est inéluctable. L’homme est intelligent et à même de réagir. Il n’est jamais trop tard pour cohabiter respectueusement.
Dr SSK : Quels sont vos gestes quotidiens pour sauver la planète ?
Dr JL : J’essaie de faire des économies dans plusieurs domaines :
*Economie d’eau : récupération pour arrosage des eaux de trempage, pas de bains, chasse d’eau double flux, récupération des eaux de pluie, etc.
*Economie d’énergie : douche froide le plus souvent possible (en plus c’est bon pour la circulation), vaisselle à froid si possible, déplacement en vélo et train pour se rendre au cabinet (en plus c’est bon pour l’activité physique quotidienne), utilisation de la voiture uniquement si pas d’autre solution, j’ai également revendu ma moto n’en ayant plus l’utilité depuis quelques années. Enfin, je maintiens l’hiver la température de mon domicile à 19° maximum (poêle à bois et pompe à chaleur). L’été, j’utilise de préférence le ventilateur et la climatisation naturelle plutôt que la climatisation artificielle.
*Economie des aliments : Je ne jette aucun reste – j’ai deux gros chiens trop heureux de finir les assiettes et le reste passe en compost. J’essaie de limiter ma consommation de viande à une à deux fois par semaine, pareil pour le poisson. Je privilégie les œufs, le fromage, les céréales, etc. Dans la mesure du possible, j’essaie d’acheter « bio » et équitable. Cependant, je n’en fait pas une obligation. Je prends ce qu’il y a dans les commerces de proximité et sur les marchés - si j’en ai le temps. J’évite de me rendre dans les temples de la consommation. J’évite les publicités, je ne regarde pas la TV mais écoute plutôt la radio (en choisissant les stations sans publicités).
*Economie des consommables : Avant d’acheter, je me demande toujours « En ai-je vraiment l’utilité? Ne puis-je pas utiliser ce que j’ai déjà - quitte à faire quelques modifications? ». En général, j’essaie de choisi des objets d’occasion.
*Produits d’entretiens de la maison: Pas de produit chimique pour l’entretien quotidien.
Dr SSK : Quels sont pour vous les plus grand risques sanitaires du changement climatique ?
Dr JL : Je pense que les plus grands risques dans les pays défavorisés sont liés à l’accentuation des famines et des problèmes sanitaires liés à l’eau. De manière générale, si le changement se fait progressivement le corps s’habituera. Mais si cela se manifeste par des épisodes caniculaires brutaux, nos phénomènes d’adaptation seront forcément mis à mal surtout chez les plus fragiles. Ensuite, il y a la remontée de pathologies infectieuses que nous n’avons pas l’habitude de voir sous nos latitudes mais aussi, le problème moins grave mais très gênant des pollens.
Dr SSK : Que faites vous dans votre travail pour la lutte contre le changement climatique ?
Dr JL : Je pense qu’agir en Santé-Environnement dans mon travail revient à faire prendre conscience que la négligence écologique dans le comportement d’un individu, qui perturberait le climat, peut aussi perturber directement sa santé, sans même passer par les risques différés cités. Par exemple l’utilisation quotidienne de multiples produits chimiques, le choix des énergies fossiles, une température du logement trop élevée en hiver tout cela agit directement sur la santé et participe en outre au changement climatique. Le changement climatique, même si très médiatique, reste dans l’esprit de beaucoup hypothétique ou de l’ordre du risque différé. De ce fait, l’individu peut être moins concerné. En revanche si on met le doigt sur une pathologie ou un dysfonctionnement favorisé par la pollution ou la surconsommation notre sujet se sentira tout de suite concerné.
Dr SSK : Connaissez-vous votre empreinte écologique ?
Dr JL : Je fais juste en sorte de vivre en la limitant au maximum. La calculer ne changera rien. Cependant, il me semble l’avoir fait en lisant un livret WWF il y a quelques années et j’étais au minimum si on doit jouer le jeu!