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Aspartame : sans danger pour les femmes enceintes ?

Écrit par Jennifer Maherou Créé le mercredi 20 juin 2012 09:43


aspartame 2L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a lancé en juin 2011 une évaluation sur les bénéfices et les risques liés à la consommation d’édulcorants intenses, dont l’aspartame. Cette dernière, présente dans 6 000 produits, a un pouvoir sucrant environ 200 fois supérieur à celui du sucre. L’Anses vient de rendre publique une première note d’étape qui porte spécifiquement sur l’évaluation des bénéfices et des risques des édulcorants intenses chez la femme enceinte…. Comme d’habitude, les conclusions de l’agence restent très modérées…. C’est le moins qu’on puisse dire.

Selon l’agence, ce travail n’a pas permis de conclure qu’il existait un risque potentiel chez la femme enceinte, faute d’un nombre suffisant d’études. Par contre, en ce qui concerne le bénéfice, l’Anses estime qu’il n’y a aucun intérêt nutritionnel propre à la consommation d’édulcorants intenses pendant la période de grossesse…. Une véritable révolution dans l’histoire de l’aspartame, donc… .

Pourtant, depuis plusieurs années, des études ont mis en évidence les effets de l’aspartame. Parmi elles, une étude[1] danoise publiée en 2010 qui portait sur 59 334 femmes et faisait ressortir un lien entre la consommation de boissons à base d’édulcorants et le risque d’accouchement prématuré. Ce dernier augmenterait de 38 % lorsqu’on consomme au moins un soda allégé par jour et de 78 % pour quatre sodas allégés par jour.

Une autre étude[2] publiée en 2010 réalisée cette fois sur des souris et des rats a établi un lien entre l’aspartame et le cancer du foie et du poumon. Trois ans auparavant cette même équipe de chercheurs avait déjà réalisé une étude[3] en introduisant différentes doses d’aspartame dans l’alimentation des rats mâles et femelles. Ils avaient alors constaté une augmentation de tumeurs malignes, de lymphomes et de leucémies chez le groupe de rates ayant été exposé aux plus fortes concentrations. Une augmentation du cancer du sein a également été observée chez les femelles exposées aux plus fortes concentrations.

L’Association Santé Environnement France rappelle que les femmes enceintes sont des populations à risque et qu’il est inacceptable qu’on leur laisse prendre des risques inutiles. Selon le rapport de l’Anses, 71,8 % les femmes enceintes consomment de l’aspartame pendant leur grossesse !

Les conclusions de l’Anses seront complétées par les travaux concernant la population générale, dont les analyses pourraient être extrapolées aux femmes enceintes. Elle a en parallèle demandé à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de réévaluer la dose journalière admissible (DJA) d'aspartame, qui est pour l'instant de 40 mg par kilo de poids corporel. Les résultats sont attendus fin 2012.


Références bibliographiques:

[1] Halldorsson TI, Strøm M, Petersen SB, Olsen SF., Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery:a prospective cohort studyin 59,334 Danish pregnant women, Am J Clin Nutr. 2010 Sep;92(3):626-33.

[2]Soffritti M, Belpoggi F, Manservigi M, Tibaldi E, Lauriola M, Falcioni L, Bua L, Aspartame administered in feed, beginning prenatally through life span, induces cancers of theliver and lung in male Swiss mice, Am J Ind Med. 2010 Dec;53(12):1197-206.

[3] Soffritti M, Belpoggi F, Tibaldi E, Esposti DD, Lauriola M., Life span exposure to low doses of aspartame beginning during prenatal life increases cancereffects in rats. Environ Health Perspect. 2007 Sep;115(9):1293-7.

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