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Notre étude "Bio vs Discount" (juin 2010)

Juin 2010 - Notre étude "Bio vs Discount"

Écrit par L. Ferrer / Créé le jeudi 24 juin 2010

viande_rougeFaut-il passer au « Bio » ? Les produits moins chers sont-ils de moins bonne qualité ? Puis-je faire quelque chose pour limiter les risques pour ma santé ? Pour répondre aux questions de leurs patients, les médecins de l'ASEF et des journalistes ont décidé de lancer cette étude. L’objectif était de voir si en changeant d’alimentation, on pouvait rapidement modifier les taux de produits toxiques présents dans notre corps. Les résultats ont été rendus publics dans l'émission "Pièces à conviction" présentée par Elise Lucet et diffusée le lundi 28 juin 2010 sur France 3. 


Pourquoi cette étude?
Est-on plus pollué si on mange "discount" et peut-on changer les choses rapidement? Deux questions auxquelles cette étude a pour but de répondre.
 

Manger « pas cher » peut-il être toxique ?

Le niveau socio-économique est souvent un facteur d’inégalité de santé. On sait qu’à l’âge de 35 ans, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 6 ans à celle d’un cadre. On sait que plus les revenus sont bas, plus les cas de diabète sont nombreux. Pourquoi ? Souvent on avance que ces différences sont liées aux comportements des classes les plus défavorisées: tabagisme, alcoolisme et malbouffe étant les motifs les plus évoqués. Mais, on parle peu des problèmes d’accès aux soins, de leurs conditions de vie, et encore moins de la qualité des denrées alimentaires qu’on leur propose de consommer… C’est sur ce dernier point que nous avons choisi de travailler. Aujourd’hui, on a tendance à culpabiliser le consommateur. Si je mange mal, c’est parce que je le choisis. Mais, qu’est-ce que "choisir" ? D'abord, pour choisir il faut avoir plusieurs options. Or, les supermarchés « Discount » sont souvent la seule possible aux yeux des familles les plus défavorisées. Deuxièmement, pour faire un choix, il faut être informé, informé de la composition des produits, informé de leur impact notamment sur la santé, informé des alternatives possibles. Est-ce vraiment le cas aujourd’hui ?
 

 

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Sortir du « C’est terrible, on va tous mourir »

Deuxièmement, nous voulions par cette étude savoir s’il était possible de se dépolluer rapidement simplement en changeant son alimentation. Les résultats montrent que oui. Aujourd’hui, nombreux sont les discours qui inquiètent, voire alarment les gens sans pour autant leur donner de solutions. Notre démarche est différente et nous voulons proposer des moyens de changer. Voici donc dans ce dossier, la présentation de notre étude qui évalue l’impact d’une alimentation «discount» sur le corps notamment par rapport à une alimentation « Bio », ainsi que quelques conseils des médecins de l’ASEF pour manger en faisant du bien à sa santé et à son environnement.

Notre alimentation a t-elle un impact direct sur notre santé ? C'est en tout cas ce que prouvent les résultats de l'étude menée par l'Association Santé Environnement France, la société de production Ligne de Mire et France 3. L'étude a été présentée sur France 3 dans l'émission "Pièces à conviction" le 28 juin dernier.

 

Présentation de notre étude

L'étude

Pendant 15 jours, les urines de trois personnes ont été analysées. La première a conservé une "alimentation classique" composée de plats faits maison à base de produits standard. La deuxième est passée à une "alimentation discount", constituée de plats tout préparés et de produits bas de gamme. Enfin, la dernière est passée à une alimentation "Bio". "L'objectif était d'avoir une photo des polluants présents dans notre corps à un instant t et de voir comment tel ou tel régime alimentaire pouvait influer sur la quantité de produits toxiques présents dans notre organisme" déclare le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l'ASEF.

Résultats

En 15 jours, on a pu observer deux modifications importantes dans les urines de la personne étant passée au "Discount".

petite_a_probleme_lddPremière modification chez le sujet étant passé au "Discount", celle de l'acide hippurique - multiplié par 4 en moyenne par rapport à la teneur initiale. La présence de cet acide est liée à l'absorption de conservateurs alimentaires (E210 à E219 – famille des benzoates) qui sont présents dans les sodas, bonbons, produits laitiers, pâte à tartiner, gommes à mâcher et plats tout préparés. Chez certaines personnes, ces benzoates peuvent provoquer des réactions d’intolérance (urticaire, angio-oedème, bronchoconstriction, purpura), mais surtout, ils sont régulièrement mis en cause dans les atteintes du développement neurologique de l’enfant (hyperactivité ou troubles de l’attention).

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Deuxième augmentation, celle de l’acide palmitique (acide gras saturé en C16) qui a été multiplié par 3 en 15 jours dans les urines du sujet étant passé au "Discount". L’acide palmitique est notamment présent dans l’huile de palme, qui est couramment utilisée dans l’industrie agro-alimentaire car très bon marché. La mention "huile" ou "matières grasses végétales" peut indiquer sa présence. L’acide palmitique serait impliqué dans les mécanismes de résistance à l’insuline tels que diabète de type 2, obésité et maladies cardiovasculaires. Il inhiberait les signaux de satiété provoquant une addiction qui conduirait à manger plus. Chez la souris, cet effet dure 3 jours après qu’elle ait absorbé de l’acide palmitique. Notons, que sur la même durée, la personne étant passée au "Bio" a vu son taux d’acide palmitique diminuer de moitié...


Conclusion et interprétation

D'abord, pour limiter les dégâts du E210 qui pose surtout problème chez les enfants, le législateur pourrait l'interdire dans les produits consommés principalement par les enfants (bonbons, pâte à tartiner, sodas, etc.). De son côté, le consommateur peut pour limiter son absorption de gras et de conservateurs être plus vigilant en lisant attentivement les étiquettes, en évitant les plats tout prêts, en privilégiant les produits frais et en les cuisinant! La bonne raison de le faire, c’est que changer son alimentation a un effet direct et rapide sur notre santé, notre étude l'a montré! "En faisant cette étude, nous voulions d'abord mesurer l'ampleur des inégalités de santé en fonction du niveau socio-économique. Les milieux précaires sont plus sujets à l'obésité et au diabète. Deuxièmement, nous voulions sortir du "On ne peut rien faire, c'est trop terrible" et montrer qu'en changeant d'alimentation il était possible de se dépolluer rapidement" explique le Dr Pierre Souvet, Président de l'ASEF.

 

 

Une étude récente sur le lien hyper-activité et alimentation


sans_dent_c_pas_pratique_pour_manger_lddL'étude réalisée par l'Université d'Harvard et de Montréal, publiée en mai 2010 dans "Pediatrics" fait le lien entre hyperactivité et exposition des enfants aux pesticides.

L'étude, menée sur 1 139 enfants entre 8 et 15 ans, a montré que les enfants exposés à des concentrations importantes de pesticides via leur alimentation manifestaient des troubles de l’attention. Ceux qui ont des concentrations élevées de pesticides type organophosphorés dans les urines ont deux fois plus de chances d’être hyperactifs.

Selon l’Académie Américaine des Sciences, la principale source d’exposition aux pesticides de ces enfants est leur alimentation.

Entre 3 et 7%, des enfants en âge d’aller à l’école aux USA souffrent d'hyperactivité. Or, l'hyperactivité produit des effets persistants sur le système nerveux et entraine des troubles de l’attentionà l'origine de déficits cognitifs importants.

 

 

Présentation des résultats partiels de l'étude ASEF/ France 3 / Ligne de Mire sur le lien santé-alimentation par le Dr Patrice Halimi

 


 

Bibliographie 

Benzoates et réactions pseudo-allergiques

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Acide palmitique et résistance à l’insuline

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