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Etude : anomalies cérébrales chez les enfants exposés aux pesticides in utero

Écrit par Jennifer Maherou Créé le lundi 21 mai 2012 12:23


FemmeEnceinte 5Selon une étude américaine présentée le 15 mai 2012 lors de la conférence internationale "Programmation prénatale et toxicité" à Paris, un pesticide organo-phosphoré très utilisé à travers le monde, le chlorpyriphos-éthyl (ou chlorpyrifos ou CPF) aurait un impact persistant sur la structure du cerveau des enfants exposés in utero.

Pour arriver à ces conclusions, les auteurs de cette étude se sont intéressés aux taux de CPF dans le sang du cordon ombilical - car ils constituent un bon indicateur de l'exposition de la mère durant les dernières semaines de grossesse. Ces données étaient issues d'une cohorte de 369 enfants, pour lesquels étaient aussi connus les niveaux d'exposition fœtale au tabac et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, ainsi que les résultats d'un test cognitif global effectué vers l'âge de 7 ans. Ils se sont alors concentrés sur 20 enfants de 6 à 11 ans qui avaient les niveaux d'exposition fœtale au CPF le plus élevé - supérieur à 4,39 picogrammes par gramme - et les ont comparés à 20 enfants du même âge moins exposés. Les deux groupes ne présentaient pas de niveaux d'exposition fœtale élevés ni au tabac ni aux hydrocarbures aromatiques.

Grâce à l’imagerie médicale, les scientifiques ont observé un développement cérébral altéré chez le premier groupe. Les cerveaux de ces enfants présentaient plusieurs types d'anomalies : un élargissement de certaines régions, associé à de moins bonnes performances aux tests cognitifs à l'âge de 7 ans ainsi qu'une diminution de l'épaisseur du cortex frontal et pariétal. Selon le professeur Virginia Rauh, principal auteur de ce travail, les anomalies cérébrales trouvées chez ces enfants pourraient être associées à des troubles neurocognitifs ou neuropsychologiques durables. Cette épidémiologiste est d’autant plus inquiète que les pesticides interagissent avec d'autres produits chimiques comme ceux du tabac.

Le CPF, présent dans de nombreux pesticides utilisés en agriculture, inhibe l'acétylcholinestérase, l'enzyme qui dégrade l'acétylcholine, un des principaux neurotransmetteurs excitateurs du cerveau. Ce pesticide augmenterait ainsi la quantité d'acétylcholine dans le cerveau.

Cette étude reste tout de même discutable en raison du nombre restreint d'enfants suivis mais une extension est en cours sur 450 enfants. De plus, les tests neurocognitifs devraient être affinés en vue de préciser les corrélations entre mesures cérébrales et fonctions cognitives.


Référence de l’étude :

Rauh VA, Perera FP, Horton MK, Whyatt RM, Bansal R, Hao X, Liu J, Barr DB, Slotkin TA, Peterson BS., Brain anomalies in children exposed prenatally to a common organophosphate pesticide. Proc Natl Acad Sci U S A. 2012 May 15;109(20):7871-6.

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