Le 24 avril 2012, à Grésy-sur-Aix, en Savoie, Réseau Ferré de France (RFF) a installé le long de la voie ferrée, un pylône de 20 mètres, à quelques mètres des habitations voisines. Ce pylône est destiné à recevoir une antenne de téléphonie pour développer la communication numérique entre les conducteurs de trains et une offre internet aux passagers. Mais selon l’association Robin des Toits, la SNCF ne sera pas la seule à se servir de cette antenne : elle sera également utilisée par certains opérateurs de téléphonie mobile.
Pour sensibiliser sur les risques encourus, plusieurs collectifs de prévention santé s'étaient donnés rendez-vous ce jour là. RFF a porté plainte contre ces collectifs pour entrave à travaux.
Mais, le cas de Grésy-sur-Aix n’est pas isolé. En Tarentaise, seize antennes relais - de près de 30 mètres de haut - du réseau GSM ferroviaire sont en cours d'implantation en bordure de la voie ferrée qui dessert la vallée. Leur mise en service est annoncée pour la fin de l'année 2013. Ces antennes appartiennent au réseau GSM ferroviaire, dont la gestion a été confiée le 18 février 2010 par Réseau Ferré de France (RFF) à une entreprise privée – Synérail – via un contrat de partenariat public-privé (PPP).
Les habitants de la Tarentaise ont bien l’intention de préserver le paysage mais aussi leur santé. Ils ont donc crée une association – Antenne Tarentaise Pollution (ATP) – pour amplifier et organiser la contestation dans la vallée. Son vice- président, Daniel Buffart-Moret, explique que les travaux d'implantation de ces antennes GSM ont commencé dans la plus grande discrétion à l'automne dernier. Les habitants s’en sont rendus comptent lorsqu’ils ont découvert les fondations en béton sortir de terre mais il était déjà trop tard. Les délais étaient dépassés pour attaquer les permis de construire au tribunal administratif. Entre temps, la municipalité de Bourg-Saint-Maurice avait bien voté un avis défavorable au permis de construire, sauf que la Préfecture de Savoie est passée outre. La population est donc obligée de laisser les antennes relais se construire...
Loin d’en rester là, l’ATP et la municipalité de Bourg-Saint-Maurice ont demandé aux pouvoirs publics de mettre en place une étude sur les impacts sanitaires de ces antennes relais afin de connaître précisément les risques pour notre santé. Cette enquête sera réalisée par l'Agence Régionale de Santé (ARS) et les résultats devraient être connus dans les semaines à venir. Une contre-expertise sera également demandé au Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants (CRIIREM).
Mais à quoi et à qui vont servir ces antennes ? D’après RFT, elles permettront de remplacer l'actuel système de télécommunications analogiques Radio Sol Train (RST) qui permet la communication entre les conducteurs de trains. Notons que certains actionnaires de SNCF sont des opérateurs de téléphonie mobile. L’ATP est donc persuadée que ces antennes vont également être utilisées pour renforcer la puissance du réseau dans la vallée.
L’ATP attend les résultats des expertises et se dit prête à se tourner vers la justice pour « nettoyer » la vallée de ces pylônes et de leurs champs électromagnétiques
Le 15 avril 2012, l’association Robin des Toits a écrit une lettre à la Synérail pour leur faire part de l’inquiétude des riverains ainsi que des usagers de la SNCF face aux antennes relais.