Le verdict très attendu du premier procès pénal de l’amiante est tombé hier, lundi 13 février. Le tribunal de Turin a condamné à 16 ans de prison deux responsables de la société Eternit, qui fut l'un des plus gros fournisseurs d'amiante dans le monde.
Les deux accusés - le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, respectivement ex-propriétaire et ex-administrateur de Eternit - ont été jugés responsables de la mort de 3000 personnes ouvriers ou habitants de villes où Eternit avait des usines dans les années 1970-1980. Ils sont également condamnés à verser 30 000 euros de dédommagements pour chaque famille des victimes.
C’est le juge Raffaele Guariniello, célèbre pour ses batailles sur la sécurité au travail, qui a ouvert en 2003 la plus vaste enquête au monde sur le drame de l’amiante ayant débouché sur le procès Eternit en décembre 2009, avec plus de 6 000 parties civiles. Selon lui, il s’agit du plus grand procès de l’Histoire et dans le monde en matière de sécurité au travail.
C'est la première fois que les vrais responsables - et non pas des intermédiaires - sont aussi lourdement condamnés.
Cette victoire italienne donne espoir aux victimes françaises. Pour Me Jean-Paul Teissonnière, leur représentant à Turin, ce procès a une valeur d’exemple.
Espérons que cette décision accélère les procédures engagées dans ce genre d’affaires dans plusieurs pays d'Europe, dont la France.
Selon l’OMS, environ 125 millions de travailleurs sont exposés à l'amiante sur leur lieu de travail et plus de 107 000 personnes meurent chaque année d'un cancer du poumon ou d’autres maladies résultant d'une exposition professionnelle à l'amiante.